Voici une tentative d’un top à quatre mains, mais bien plus en fait, puisqu’il s’agit des films cités par quelques un·es de nos invité·es. Parce qu’il est si difficile de faire un top, nous avons pioché uniquement des films proposés par ceux et celles passé·es au micro de notre podcast Cinéphiles de notre temps. Des films découverts ou redécouverts, aimés et regardés grâce aux regards de nos invité·es. Nous les avons choisi soit parce qu’ils sont récurrents (et dirions-nous évidents ?), soit parce qu’ils sont représentatifs de ce que le 21e siècle a changé dans la façon de faire des films (le numérique de The Social Network), et parfois parce qu’ils coïncident avec notre propre intimité de spectateur (Jarmusch, Lynch, Fleabag…)
• La série Twin Peaks : The return, David Lynch, 2017 : parce que nous aurions pu mettre tout le cinéma de David Lynch (enfin, ses oeuvres du XXIe siècle), parce que c’est le cinéaste le plus cité de l’émission – et peut-être aussi parce que c’est autour de la série Twin Peaks que nous avons formé le duo Cinéphiles de notre temps.
• Le cinéma de Hayao Miyazaki : cité également par nombre de nos invité·es, et spécifiquement dans notre catégorie “film-refuge”. Nous n’avons pas pu choisir un film du cinéaste, nous avons grandi avec ses films, nous les aimons comme des rêves et si nous devions envoyer des films dans l’espace, à la recherche d’autres êtres, ce serait ceux-là.
• Paterson, Jim Jarmusch, 2016 : cité par le jeune cinéaste Paul Rigoux, il est pour nous (et pour lui) le film du temps parfait, un temps du quotidien, dans lequel on aimerait vivre.
• Certaines Femmes, Kelly Reichardt, 2017 : une cinéaste et un film également beaucoup cité dans notre émission (par les cinéastes Patricia Mazuy et Vincent Le Port, ainsi que le programmateur Victor Bournerias) et qu’on porte particulièrement haut dans notre coeur de cinéphile.
• Birth, Jonathan Glazer, 2004 : un film et un cinéaste beaucoup cité dans notre émission (par le cinéaste Bertrand Bonello et la musicienne Bonnie Banane, par exemple). Bizarre, effroyable, terriblement nécessaire, ce film – et tout le cinéma de Jonathan Glazer – ne cesse de hanter nos mémoires de spectateur·rices.
• La série Fleabag, Phoebe Waller-Bridge, 2016-2019 : citée par la comédienne de doublage et influenceuse Lou Howard, cette série nous a – comme à beaucoup – brisé le coeur, et nous a rappelé (si c’était nécessaire) que certaines séries sont tout à fait du cinéma.
• Naissance des pieuvres, Céline Sciamma, 2007 : cité par le cinéaste et monteur Helio Pu. Ce premier film contient tout ce qu’on aime dans le cinéma de Céline Sciamma : l’actrice Adèle Haenel, la musique de Para One, la naissance d’un désir, mais aussi la naissance d’un regard – celui de la cinéaste – désormais trop rare, et qui nous manque.
• The Social Network, David Fincher, 2010 : cité par la distributrice Luce Grosjean, qu’on pourrait résumer en un mot et qui est à l’image de ce début de siècle : rapide. Conseil : à regarder dans l’avion en cas de turbulence.
• Soy Libre, Laure Portier, 2022 : cité par le cinéaste et affichiste William Laboury. Ce film (documentaire, mais qui est avant tout un film) est une ode au cinéma et à l’amour. A l’amour et au cinéma. Les deux mêlés ensemble. Un film bien nécessaire par ces temps étranges.
• Bright Star, Jane Campion, 2010 : cité par notre duo réalisatrice/musicien Agnès Patron et Pierre Oberkampf et qui est d’ailleurs film-poème aussi beau à écouter qu’à regarder. Et il est doux, au XXIe siècle, de se rappeler la beauté et la délicatesse de ce film, peut-être pas assez reconnu, et qui gagnerait sûrement à l’être.
• La trilogie Matrix (oui, on sait, le premier volet est sorti en 1999) des soeurs Wachowski : cité par Hélio Pu et William Laboury. Parce que ce sont des films-rupture, des films de la transformation, de la mutation, de l’amour – et parce que le XXIe siècle sera queer, ou ne sera pas.
• Good Time, Frères Safdie, 2017 : cité par Paul Rigoux. On aurait pu citer Uncut Gem sorti après, ou Mad love in New York sorti avant, mais c’est avec ce film sorti au bon moment que quelque chose en plus opère. Le film donne l’impression d’avoir digéré tout un pan du cinéma populaire du siècle passé pour le ressortir en plus rapide et en plus tapageur jusqu’au vertige. Et La musique de Daniel Lopatin tourne toujours dans nos playlists depuis 2017 !
